Vendredi 10

18h30: Mills of time

21h: Bande son pour un coup d’état


Samedi 11

14h: Toto et ses sœurs

21h: Silence voice

18h: Spectre de la guerre

21h: Jusqu’à ce que le jour se lève


Dimanche 12

14h: Les mots qu’elles eurent un jour

16h30: Oubliez Tosquelles

18h30: Longtemps ce regard


Archives

2025
2024
2023
2022
2021
2020
2019
2018
2017
2016
2015
2014
2013
2012
2011
2010

Rencontres Terra Nostra 2026

« À Gaza, il faut arriver le soir au printemps, s’enfermer dans sa chambre et écouter les sons qui entrent par les fenêtres ouvertes…
Nous sommes en 2018. J’ai 25 ans et je suis un voyageur étranger. 
Je rencontre de jeunes palestiniens de mon âge. » Piero Usberti

Construit à partir d’images tournées quelques années avant les attentats perpétrés par le Hamas et les attaques menées en retour par l’armée israélienne mais monté en pleine guerre Israël Palestine, le film de Piero Usberti développe un récit très personnel fait de rencontres avec des jeunes gens dont il nous fait partager les émotions, les refus, les engagements. Ecriture située, point de vue habité, regard personnel, le film nous confronte à cette guerre implacable lui donnant une portée universelle qui nous concerne tous. Bouleversant.

Saint Etienne en 1973. Un film dans l’urgence. Des immigres en grève de la faim. Des gens qui les soutiennent. Jusqu’à la victoire. Un film qui fait du bien.

Monique et Michel Pinçon-Charlot, sociologues de la grande bourgeoisie s’aiment depuis plus de cinquante ans et pourraient aujourd’hui profiter de leur retraite confortable. Mais comme ils sont un peu dingues et plus que sensibles à l’injustice, ils ont décidé d’accélérer leur combat contre le système capitaliste planétaire. Une certaine forme d’urgence. Le film Un ancien chefde Basile Carre-Agostini avec une belle complicité les suit au jour le jour dans leurs luttes. De l’intimité d’un lit à deux aux débordements de la rue, de leurs questions personnelles aux réponses collectives, nous les suivons, partageant leur formidable vitalité et leur refus de la domination, retrouvant à leur côté la puissance du dire non. Une leçon d’histoires pas comme les autres.

Jamel, Matthieu, Ali… ont entre 20 et 35 ans et viennent des quartiers populaires de Sevran. Ils racontent pour la première fois leur parcours, leur idéaux et leur façon de surmonter l’adversité, loin des clichés sur les jeunes hommes de banlieue dont ils sont souvent les victimes. De leurs récits nait une œuvre théâtrale. Elle sera jouée dans l’intimité des appartements de cette ville jusqu’ici sans théâtre. Lors de ces représentations, artistes et public vont inventer de nouveaux espaces de dialogue dans lesquels les mondes vont se rencontrer. Réalisé dans une réelle proximité, toute en nuance, « Là où tout se joue » a cette qualité essentielle de ce qui se crée dans l’instant et trouve son souffle et sa durée dans nos vies partagées.

Un ancien grand chef amérindien se souvient. Son passé éclaire notre présent.

Nuits et jours, Otto efface pour un centime d’euros des visages sur Google StreetView. C’est l’une des tâches que lui et bien d’autres de par le monde réalisent sur Amazon Mechanical Turk. Entouré d’écrans, plongé dans l’obscurité de sa chambre, Otto quitte progressivement le monde réel et disparait dans la matrice d’un univers virtuel ou il se perd peu à peu. En attendant les robots est un film déroutant et nécessaire, car au-delà de sa mise en cause des plateformes numériques et des développements des IA tous azimuts, c’est une nouvelle forme de vie, la vie déréalisée qu’il dénonce. Glaçant.

Pas de porteest une série de films chorégraphiques, éclairs et décalés. Un pas de coté prêt à danser.

La nuit. Un corbillard file dans les rues de Medellin, la deuxième plus grande ville de Colombie. Le jeune réalisateur d’Anhell69, Theo Montoya, s’est glissé dans le cercueil à l’arrière, les yeux clos, la voix sourde, comme étouffée par le poids d’un passé récent et qui ne passe pas. Images, témoignages et voix off racontent et nous donnent à voir la disparition des compagnons de Theo Montoya, tous de la communauté lgbt+, tous disparus face à une répression ignoble et meurtrière. Son film est une expérience inclassable. Entre documentaire et fiction délirante, il nous fait vivre l’invivable d’une situation d’exclusion et de mort. Bouleversant, il filme la face cachée d’une tragédie, en refusant tous les codes, ceux du cinéma comme ceux d’une société gangrenée par le pouvoir et l’ordre, ceux d’un monde totalitaire. Peut-être le film le plus actuel et le plus nécessaire de notre programmation.

Adieu sauvageest un voyage au lointain de nos vies et une quête mélancolique des origines. Pour Sergio Guataquira Sarmiento, il s’agit de renouer avec son indianité amazonienne et de sortir des lieux communs d’un occident par trop exclusif. Rendu chez les Cacuas, un peuple indigènes de Colombie, ceux-ci vont lui apprendre ce que c’est que d’être un autochtone et lui faire découvrir les émotions existentielles qui habitent leurs vies. Avec humour et beaucoup d’autodérision, Sergio Guataquira Sarmiento réussit un film à la première personne, envoutant et attachant. Il installe une vérité singulière qui demande le partage et son écriture nous accueille comme des amis de longue date. Un rare moment de cinéma.

Frieda TV est le film d’une rencontre et d’une amitié née de cette rencontre. Léa Lanoé filme Gerda Frieda Janett Gröger. Cette dernière en butte à tous les mots d’ordre de notre société, invente ses propres façons d’être là et les nourrit de son désir de vivre libre, sans codes ni normes. Elle échappe à toute tentative d’être saisie, fixée, définie. Et loin d’un sujet à traiter ou d’un portrait à faire, Léa Lanoé chemine avec elle, au jour le jour, dans une complicité première et formidable. Le film nait de ces moments à deux, fragments d’une aventure essentielle car vivante et vraie. Réussite exemplaire, FriedaTVexpérimente sans cesse la justesse de son écriture, tout comme Frieda et Léa improvisent les méandres de leurs propos. Ici rien n’est donné, tout s’invente au grès de la rencontre. Et cette liberté de tous les instants, nous appelle et nous contamine, nous invitant à nous joindre à elles jusqu’à trouver notre place au sein du film, Le cinéma est au centre de cette aventure.

Métal et mélancolie est un film important et référentiel dans les histoires du documentaire. Important par la nouveauté de sa forme, l’invention de son dispositif et la charge politique de son propos. Mais aussi par cette aventure faite de hasards, d’imprévus, de bonheurs et de complicités que seul le cinéma donne à connaître. Rien n’est écrit, il faut le vivre. Aller à la rencontre, vers l’autre, les autres et revenir pour raconter, témoigner. Heddy Honigmann, cinéaste hollandaise part au Pérou, à Lima filmer les chauffeurs de taxi, homme ou femme. Quoi de plus banal. Mais à Lima, c’est le blocus économique et la situation s’est tellement détériorée que nombre de gens ont dû prendre un second emploi pour boucler leurs fins de mois. Ils sont devenus chauffeurs de taxis et chacun d’eux a une histoire à raconter. Et ces histoires parce que Heddy Honigmann les filme, se tissent, se mélangent et résonnent. S’invente alors la toile d’un lieu, d’une époque, d’un récit qui aujourd’hui par la puissance de ses émotions vient nous prendre dans ses fils et nous interroger sur le taxi que l’on conduit. La force d’un ancien documentaire se mesure souvent à la façon qu’il a de bouleverser notre présent


Vendredi 10

18h30: Mills of time

21h: Bande son pour un coup d’état


Samedi 11

14h: Toto et ses sœurs

21h: Silence voice

18h: Spectre de la guerre

21h: Jusqu’à ce que le jour se lève


Dimanche 12

14h: Les mots qu’elles eurent un jour

16h30: Oubliez Tosquelles

18h30: Longtemps ce regard


GRILLE
INFOS
CONTACT


Archives

2025
2024
2023
2022
2021
2020
2019
2018
2017
2016
2015
2014
2013
2012
2011
2010


Avec les soutiens de
Doc-Cévennes
&
La cinémathèque documentaire


Rencontres Terra Nostra 2026

« À Gaza, il faut arriver le soir au printemps, s’enfermer dans sa chambre et écouter les sons qui entrent par les fenêtres ouvertes…
Nous sommes en 2018. J’ai 25 ans et je suis un voyageur étranger. 
Je rencontre de jeunes palestiniens de mon âge. » Piero Usberti

Construit à partir d’images tournées quelques années avant les attentats perpétrés par le Hamas et les attaques menées en retour par l’armée israélienne mais monté en pleine guerre Israël Palestine, le film de Piero Usberti développe un récit très personnel fait de rencontres avec des jeunes gens dont il nous fait partager les émotions, les refus, les engagements. Ecriture située, point de vue habité, regard personnel, le film nous confronte à cette guerre implacable lui donnant une portée universelle qui nous concerne tous. Bouleversant.

Saint Etienne en 1973. Un film dans l’urgence. Des immigres en grève de la faim. Des gens qui les soutiennent. Jusqu’à la victoire. Un film qui fait du bien.

Monique et Michel Pinçon-Charlot, sociologues de la grande bourgeoisie s’aiment depuis plus de cinquante ans et pourraient aujourd’hui profiter de leur retraite confortable. Mais comme ils sont un peu dingues et plus que sensibles à l’injustice, ils ont décidé d’accélérer leur combat contre le système capitaliste planétaire. Une certaine forme d’urgence. Le film Un ancien chefde Basile Carre-Agostini avec une belle complicité les suit au jour le jour dans leurs luttes. De l’intimité d’un lit à deux aux débordements de la rue, de leurs questions personnelles aux réponses collectives, nous les suivons, partageant leur formidable vitalité et leur refus de la domination, retrouvant à leur côté la puissance du dire non. Une leçon d’histoires pas comme les autres.

Jamel, Matthieu, Ali… ont entre 20 et 35 ans et viennent des quartiers populaires de Sevran. Ils racontent pour la première fois leur parcours, leur idéaux et leur façon de surmonter l’adversité, loin des clichés sur les jeunes hommes de banlieue dont ils sont souvent les victimes. De leurs récits nait une œuvre théâtrale. Elle sera jouée dans l’intimité des appartements de cette ville jusqu’ici sans théâtre. Lors de ces représentations, artistes et public vont inventer de nouveaux espaces de dialogue dans lesquels les mondes vont se rencontrer. Réalisé dans une réelle proximité, toute en nuance, « Là où tout se joue » a cette qualité essentielle de ce qui se crée dans l’instant et trouve son souffle et sa durée dans nos vies partagées.

Un ancien grand chef amérindien se souvient. Son passé éclaire notre présent.

Nuits et jours, Otto efface pour un centime d’euros des visages sur Google StreetView. C’est l’une des tâches que lui et bien d’autres de par le monde réalisent sur Amazon Mechanical Turk. Entouré d’écrans, plongé dans l’obscurité de sa chambre, Otto quitte progressivement le monde réel et disparait dans la matrice d’un univers virtuel ou il se perd peu à peu. En attendant les robots est un film déroutant et nécessaire, car au-delà de sa mise en cause des plateformes numériques et des développements des IA tous azimuts, c’est une nouvelle forme de vie, la vie déréalisée qu’il dénonce. Glaçant.

Pas de porteest une série de films chorégraphiques, éclairs et décalés. Un pas de coté prêt à danser.

La nuit. Un corbillard file dans les rues de Medellin, la deuxième plus grande ville de Colombie. Le jeune réalisateur d’Anhell69, Theo Montoya, s’est glissé dans le cercueil à l’arrière, les yeux clos, la voix sourde, comme étouffée par le poids d’un passé récent et qui ne passe pas. Images, témoignages et voix off racontent et nous donnent à voir la disparition des compagnons de Theo Montoya, tous de la communauté lgbt+, tous disparus face à une répression ignoble et meurtrière. Son film est une expérience inclassable. Entre documentaire et fiction délirante, il nous fait vivre l’invivable d’une situation d’exclusion et de mort. Bouleversant, il filme la face cachée d’une tragédie, en refusant tous les codes, ceux du cinéma comme ceux d’une société gangrenée par le pouvoir et l’ordre, ceux d’un monde totalitaire. Peut-être le film le plus actuel et le plus nécessaire de notre programmation.

Adieu sauvageest un voyage au lointain de nos vies et une quête mélancolique des origines. Pour Sergio Guataquira Sarmiento, il s’agit de renouer avec son indianité amazonienne et de sortir des lieux communs d’un occident par trop exclusif. Rendu chez les Cacuas, un peuple indigènes de Colombie, ceux-ci vont lui apprendre ce que c’est que d’être un autochtone et lui faire découvrir les émotions existentielles qui habitent leurs vies. Avec humour et beaucoup d’autodérision, Sergio Guataquira Sarmiento réussit un film à la première personne, envoutant et attachant. Il installe une vérité singulière qui demande le partage et son écriture nous accueille comme des amis de longue date. Un rare moment de cinéma.

Frieda TV est le film d’une rencontre et d’une amitié née de cette rencontre. Léa Lanoé filme Gerda Frieda Janett Gröger. Cette dernière en butte à tous les mots d’ordre de notre société, invente ses propres façons d’être là et les nourrit de son désir de vivre libre, sans codes ni normes. Elle échappe à toute tentative d’être saisie, fixée, définie. Et loin d’un sujet à traiter ou d’un portrait à faire, Léa Lanoé chemine avec elle, au jour le jour, dans une complicité première et formidable. Le film nait de ces moments à deux, fragments d’une aventure essentielle car vivante et vraie. Réussite exemplaire, FriedaTVexpérimente sans cesse la justesse de son écriture, tout comme Frieda et Léa improvisent les méandres de leurs propos. Ici rien n’est donné, tout s’invente au grès de la rencontre. Et cette liberté de tous les instants, nous appelle et nous contamine, nous invitant à nous joindre à elles jusqu’à trouver notre place au sein du film, Le cinéma est au centre de cette aventure.

Métal et mélancolie est un film important et référentiel dans les histoires du documentaire. Important par la nouveauté de sa forme, l’invention de son dispositif et la charge politique de son propos. Mais aussi par cette aventure faite de hasards, d’imprévus, de bonheurs et de complicités que seul le cinéma donne à connaître. Rien n’est écrit, il faut le vivre. Aller à la rencontre, vers l’autre, les autres et revenir pour raconter, témoigner. Heddy Honigmann, cinéaste hollandaise part au Pérou, à Lima filmer les chauffeurs de taxi, homme ou femme. Quoi de plus banal. Mais à Lima, c’est le blocus économique et la situation s’est tellement détériorée que nombre de gens ont dû prendre un second emploi pour boucler leurs fins de mois. Ils sont devenus chauffeurs de taxis et chacun d’eux a une histoire à raconter. Et ces histoires parce que Heddy Honigmann les filme, se tissent, se mélangent et résonnent. S’invente alors la toile d’un lieu, d’une époque, d’un récit qui aujourd’hui par la puissance de ses émotions vient nous prendre dans ses fils et nous interroger sur le taxi que l’on conduit. La force d’un ancien documentaire se mesure souvent à la façon qu’il a de bouleverser notre présent