PROGRAMME 2020


  Vendredi 09

  18h30Nos défaites

  21h30: Les statues meurent aussi
  Cinéma documentaire : fragments d‘une histoire

  Samedi 10

  14h: Braguino

  Magume
  17hHommes de Misaine

  L‘Age d‘or

  21h30Hamada

  Dimanche 11

  14h: Vers la tendresse

  Rencontre avec le cinéma de Raymonde Carasco & Régis Hébraud

  17hManichal
  Dans le regard d’une bête
  21h30 Chavela Vargas


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VENDREDI 11


Nos défaites dresse un portrait de notre rapport à la politique, grâce à un jeu de réinterprétation par des lycéens d’extraits issus du cinéma post-68, associé à des interviews de ces jeunes acteurs. Dispositif périlleux mais ici brillamment conduit jusqu'a un point de non-retour où se conjuguent questions essentielles et les réponses des lycéens : comment appréhendent-ils le monde dans lequel ils grandissent et surtout, auraient-ils l’envie de le changer, de le détruire ou d’en construire un nouveau ?
Jean-Gabriel Périot, avec beaucoup d’intelligence et de sensibilité, capte ces paroles adolescentes et place leur métamorphose au cœur même du bouleversement de nos vies.

De 1952 à 1953, Alain Resnais et Chris Marker tournent un film documentaire sur “l’art nègre” dans un contexte où la décolonisation semble inéluctable. « Nous sommes partis de cette question : pourquoi l’art nègre se trouve-t-il au Musée de l’Homme, alors que l’art grec ou égyptien est au Louvre ? » explique Alain Resnais.
Au final, ils radicalisent la forme de l’essai cinématographique, faisant d’une exploration passionnée de “l’art nègre” une dénonciation virulente des méfaits du colonialisme. Aujourd’hui encore le film n’a rien perdu de son regard critique et de sa parole subversive.


21h30 Cinéma documentaire : fragments d‘une histoire

De 1952 à 1953, Alain Resnais et Chris Marker tournent un film documentaire sur “l’art nègre” dans un contexte où la décolonisation semble inéluctable. « Nous sommes partis de cette question : pourquoi l’art nègre se trouve-t-il au Musée de l’Homme, alors que l’art grec ou égyptien est au Louvre ? » explique Alain Resnais.
Au final, ils radicalisent la forme de l’essai cinématographique, faisant d’une exploration passionnée de “l’art nègre” une dénonciation virulente des méfaits du colonialisme. Aujourd’hui encore le film n’a rien perdu de son regard critique et de sa parole subversive.


































SAMEDI 12


14h Braguino

Au milieu de la taïga sibérienne, à 700 km du moindre village, se sont installées 2 familles, les Braguine et les Kiline. Aucune route ne mène là-bas. Seul un long voyage sur le fleuve Ienissei en bateau, puis en hélicoptère, permet de rejoindre Braguino. Elles y vivent en autarcie, selon leurs propres règles et principes. Au milieu du village, une barrière. Les deux familles refusent de se parler. Sur une île du fleuve, une autre communauté se construit : celle des enfants. Libre, imprévisible, farouche.  Entre la crainte de l’autre, des bêtes sauvages, et la joie offerte par l’immensité de la forêt, se joue ici un conte cruel dans lequel la tension et la peur dessinent la géographie d’un conflit ancestral.

14h Magume

Buta, dans le sud du Burundi. Quarante élèves d'une école s'organisent en ateliers pour réfléchir, quatre mois durant, à la guerre qui touche leur pays depuis 1993. Dans la cour de leur école, ils ont installé une table de négociations de paix imaginaires autour de l'identité burundaise et inventé un personnage fictif, Magume. À travers lui, les élèves témoignent de leurs vies et interrogent les identités Hutu et Tutsi. Un film qui n’a pas fini de résonner avec des questions et des conflits qui aujourd’hui nous traversent toujours.

17h Hommes de Misaines

À l’aube du siècle passé sur les côtes sud de Bretagne, la quête du poisson d’argent mobilise le monde ancestral de la pêche traditionnelle à la voile, jusqu’aux portes de l’âge industriel. Entre commentaire littéraire et images photographiques d’un autre temps, le film de Jean-Paul Mathelier fait naître une forme de poésie de la mémoire qui, de traces en souvenirs, se glisse entre deux mondes et lève un peuple fantôme à notre rencontre.

17h L’Age d’Or

Titou va avoir quarante ans. Il vit perché dans une bergerie des Corbières. Avec Soledad, qui habite dans une caravane un peu plus loin, ils fabriquent leur vin, composent leur musique et vivent au rythme des saisons comme on cultiverait la résistance.
Egarés volontaires, à rebours de l’accélération fatale à quoi le monde est promis, ils ont fait le choix de vivre autrement, vagabondage, ermitage, au plus près d’une nature nourricière dont ils goûtent les mérites oubliés. L’âge d’or possède cette qualité rare des films qui plus que de montrer, nous invite à partager des existences qui portent le rêve d’un âge d’or qui est bien plus qu’une utopie. Ecrit comme on respire, fabriqué comme à la main, le film donne à vivre un monde singulier, sans exemplarité mais d’une justesse d’émotion qui ne peut qu’interroger le nôtre.


21h30  Hamada

Au milieu du désert du Sahara en Algérie, dans un environnement aride et rude, où l’on n’entend que le souffle du vent et le moteur de vieilles voitures, le jeune Sidahmed rêve de quitter le camp de réfugiés Sahraoui.
De son côté Zaara, jeune femme charismatique au caractère bien trempé n’a pas l’intention de quitter le camp. Elle s’y adapte, s’y construit et y fait souffler un vent d’espoir et de liberté.
Jouant avec une grande complicité de l’humour et de l’enthousiasme de ses personnages, Eloy Domínguez Seren nous livre un portrait surprenant de la vie quotidienne de ces jeunes gens et rompt avec l’usage misérabiliste attendu que la réalité d’un camp présuppose. Avec beaucoup de finesse et d’attention, il nous entraîne à vivre nous aussi ce quotidien qui ne manque pas de questionner le nôtre.

































DIMANCHE 13


Vers la tendresse est une exploration intime du territoire masculin d'une cité de banlieue. En suivant l'errance d'un groupe de jeunes hommes, nous arpentons un univers où les corps féminins ne sont plus que des silhouettes fantomatiques et virtuelles. Elaboration et construction étonnante entre l’image et le son non synchrone, le film d’Alice Diop bouscule et la forme et le fond de ce qui constitue l’évidence de nos lieux communs en matière de sexualité et d’affection masculine.
« A Montreuil, des garçons traînent devant chez moi du matin jusqu'au soir. Je me suis dit qu'ils pourraient peut-être porter leur voix et je suis allée les voir. Je leur ai proposé de travailler avec moi et j'ai organisé un atelier avec quatre d'entre eux. En entendant ce que j'avais filmé, ils ont prétendu ne pas s'y reconnaître mais m'ont parlé différemment lorsqu'on s'est vus en tête-à-tête. » Alice Diop

Tourné et monté en 16mm par Raymonde Carasco en 1977, retrouvé et sonorisé par Régis Hébraud, compagnon de Raymonde Carasco, en 2009,Divisadero 77 ou Gradiva-Western constitue le premier épisode, le début jusqu’alors inconnu, d’une fresque cinématographique de l’imaginaire Tarahumaras.
Le cinéma de Raymonde Carasco a somme toute peu à voir avec l’ethnologie et certainement tout à voir avec l’attachement à l’autre. Etonnant et formidable, son art de regarder et de lier ses images nous parlent tout de suite d’une alliance sensible: « jouir du privilège d’être là, accepter de ne pas tout voir, accepter de relever lentement quelques traces, de prélever quelques mouvements, quelques signes à la beauté amicale avant de prétendre à la compréhension des choses, partager non pas le secret mais le culte du secret, du mystère et de la transe. » (1)
Comme l’énonce la voix de Régis Hebraud dans le film, « c’est une recherche de l’écriture hiéroglyphe, une écriture de signes originels, lisible par tous. Atopie du cinéma comme écriture d’un monde à venir….. ».
Et avec eux deux, c’est le monde en devenir, en suspension qui vient à nous.

Manichalse présente comme un documentaire animalier qui raconte l'odyssée d'une espèce d'objet réidentifié. Débarquant sur notre planète, cet objet tournant et se déplaçant au hasard découvre le bizarre monde des humains qui ne s’intéressent guère à lui. Pourtant progressivement quelque chose va prendre forme, tenter le lien, chercher un sens à cette étrange aventure. Film métaphorique à l’humour grinçant, Manichal filmé sur le vif, possède cette qualité d’invention qui crée l’émerveillement, les images touchent fort et grâce à un montage tout en douceur, une poésie inattendue voit le jour et nous emporte.


17h Dans le regard d’une bête

Dans le regard d‘une bête interroge la frontière entre l’homme occidental et les animaux. Composé de multiples rencontres qui s’articulent telles les pièces d’un puzzle qui généralement pose problème, le film de Dominique Loreau habite littéralement cette frontière comme pour mieux nous en montrer toute la porosité. C’est ainsi que sa caméra rencontre des animaux et des personnes qui se côtoient dans des élevages, suit une éthologue sur son terrain, visite des abattoirs, des zoos et des musées, se balade dans une ville, s’arrête dans une salle de répétition de danse ou participe à la performance d’un acteur se transformant en animal. Et sans cesse elle filme les regards des animaux sur les humains et ceux des humains sur les animaux. Elle filme aussi les regards, parfois furtifs, des animaux sur elle. Et ses images parlent d’elles-mêmes. Elles parlent d’une étrange proximité qui ouvre sur d’autres mondes, énigmatiques, où l’humain devient à son tour cet autre animal. Sans commentaire, tout en finesse et en non-dits, ce film pose avec beaucoup de pertinence et comme en hors-champ majeur, cette question :  
qui sommes-nous, nous autres les terrestres ?


21h Chavela Vargas

Réalisé après la mort en 2012 de la chanteuse Chavela Vargas, ce film hommage se construit à partir d’un enregistrement réalisé par Catherine Gund en 1991 alors que Chavela Vargas avait 70 ans. A l’époque, interrogée sur son art et son parcours, elle évoque de nombreux souvenirs, bousculant la chronologie et c’est en suivant cette mémoire désordonnée que les réalisatrices ont conçu leur film. Elles ont rassemblé une somme considérable d’archives, très souvent méconnues et hélas en piteux état. Mais qu’à cela ne tienne, par un montage jouant intelligemment d’un aller-retour entre une rencontre et le déroulé de toute une vie, elles sont parvenues à nous rendre passionnant ce biopic, à l’image de son héroïne.
Alcoolique invétérée, homosexuelle assumée, Chavela Vargas est avant tout une voix sublime et une rebelle intransigeante. Femme entière, talentueuse et amoureuse de la vie, elle a brûlé de tous ses feux à tel point que ce film nous enflamme à notre tour et crée l’enthousiasme.